Isère
Pas de caddies, pas de clients


Hypermarchés filtrés ou bloqués par des alignements de chariots : faire ses courses de Pâques dans certains magasins Carrefour, samedi 31 mars, tenait de la gageure au vu de la forte mobilisation des salariés décidés à défendre leurs emplois et leur pouvoir d’achat.

En Isère les magasins étaient fortement touchés par le mouvement. Meylan avec près de 90 % de grévistes, Échirolles, Saint Egrève et L’Isle-d’Abeau, étaient impactés. Certains magasins avaient suivi la consigne nationale de la direction de faire disparaître les chariots des parkings comme à Échirolles, ce qui a encore un peu plus dérouté les quelques clients.

Au moins 300 magasins intégrés étaient touchés par le mouvement de grève lancé par FO et la CFDT, et relayé séparément par la CGT, au lendemain d’une mobilisation dans les entrepôts. Le mouvement « a démarré très tôt avec beaucoup de force et d’envergure, il est très fort », s’est félicité Michel Enguelz, représentant de Force ouvrière (FO), premier syndicat du groupe de grande distribution. Il y en a « peut-être même plus », a estimé M. Enguelz (FO), qui s’est félicité d’un mouvement « d’envergure ».

Cette mobilisation est le point d’orgue de l’inquiétude et de la colère qui montent depuis l’annonce, le 23 janvier, par Alexandre Bompard, PDG du groupe depuis l’été 2017, de son « plan de transformation » s’accompagnant de la suppression de milliers d’emplois. L’appel à la grève, lancé par FO et la CFDT, relayé séparément par la CGT, répond à l’annonce en janvier de la suppression de milliers d’emplois.

Les syndicats protestent aussi contre le projet de passage en location-gérance de plusieurs hypermarchés. L’annonce récemment d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier, a achevé de mettre le feu aux poudres. Ils s’inquiètent aussi de l’impact sur l’emploi d’autres mesures du plan Bompard (logistique, réduction de 100 000 m2 des surfaces des hypermarchés). Les actionnaires toucheront, eux, 356 millions d’euros de dividendes, font valoir les syndicats, qui anticipent aussi des négociations salariales au rabais.